L’Agence nationale des fréquences (ANFR) a annoncé la prise de fonctions de Michel Combot en qualité de Directeur général adjoint (DGA) à compter du 1er avril 2026.
Cette nomination intervient dans un contexte marqué par des interrogations croissantes sur la transparence des contrôles liés à l’exposition du public aux ondes électromagnétiques, notamment en matière de débit d’absorption spécifique (DAS) des téléphones mobiles.
📢 Nomination
Michel COMBOT est nommé directeur général adjoint de l’Agence nationale des fréquences (ANFR), à compter du 1er avril 2026.
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Michel COMBOT has been appointed Deputy Chief Executive Officer of the Agence nationale des fréquences (ANFR), effective April 1, 2026 pic.twitter.com/I4kL5QF24C
— Agence nationale des fréquences (@anfr) April 1, 2026
Un profil issu du lobby des télécommunications
Michel Combot a exercé des fonctions de direction au sein de plusieurs organisations représentatives du lobby du secteur numérique et des télécommunications, notamment la Fédération Française des Télécoms (FFT) entre 2016 et 2023, puis Numeum entre 2023 et 2024.
Ce parcours, directement lié aux acteurs industriels du secteur, alimente nos doutes et nos questionnements sur les conditions d’exercice de l’indépendance des autorités chargées de la régulation et du contrôle des ondes des radiofréquences en France et en Europe.
Un paradoxe dans le contexte de demandes accrues de transparence
Cette nomination intervient alors qu’Alerte Phonegate a récemment en février 2026:
- saisi le ministre de l’Économie ;
- engagé une démarche auprès de la DGCCRF ;
afin d’alerter sur des dysfonctionnements avérés dans les procédures de contrôle du DAS, notamment liés à l’utilisation systémique d’outils logiciels par les fabricants.
Plusieurs de nos signalements portent sur une tromperie sur les conditions de test en laboratoire. Le rôle des systèmes embarqués par les industriels modifie la puissance d’émission en usage réelle avec des conséquences pour la santé des utilisateurs. La décision d’exécution de la Commission européenne a ainsi confirmé en août 2025 les risques encourus en termes de surveillance du marché de la téléphonie mobile.
Une question plus large sur l’indépendance des dispositifs de contrôle
La présence de profils issus du secteur régulé au sein des autorités de contrôle contribue à alimenter un débat plus large sur les mécanismes de gouvernance et les garanties d’impartialité.
Ainsi, il aura fallu plus de trois ans et demi et de nombreuses actions juridiques pour obtenir la communication du rapport de tests relatif à l’iPhone 12 d’Apple, pourtant au cœur d’une procédure ayant conduit à son retrait temporaire du marché français. Cette situation illustre les difficultés persistantes d’accès aux données techniques que nous relatons à longueur d’année et interroge sur les conditions effectives de transparence dans l’exercice des missions de contrôle de l’ANFR.
Déclaration d’Alerte Phonegate
« La question n’est pas celle des parcours individuels, mais des garanties collectives d’indépendance. Dans un contexte où des interrogations existent sur les méthodes de contrôle, la transparence des données et les risques sanitaires associés, il est indispensable que les autorités compétentes en charge des contrôles puissent exercer leurs missions dans des conditions pleinement incontestables. »
— Jean-Paul Huard, Secrétaire de l’ONG Alerte Phonegate



